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Federación Internacional de Comunicadores Populares

Nul doute que l’accélération du processus en question en ce moment, ne soit due à ces phénomènes  contemporains que sont la mondialisation et sa virtualisation. Avec la création des réseaux mondiaux, les distances physiques qui séparaient les êtres humains ont perdu toute signification. Par le biais de la télévision et des ordinateurs, des évènements se déroulant à l’autre extrémité du globe pénètrent dans notre vie instantanément. Or sans utopies, car ces phénomènes les empêchent, la vie est comme un voyage sans fin. Sans boussole dans son existence reliée à d’autres, le sort en est déjà jeté. L'humanité fait harakiri et l'histoire cesse de l'être pour devenir un éternel recommencement , comme le rat tourne indéfiniment dans sa roue jusqu’à sa mort, incarcéré dans sa cage.

 Les utopies sont constamment dépréciées, surtout aujourd’hui, et c'est la raison pour laquelle elles sont exclues à la fois du champ de la connaissance et de l'effort humain. Comme la science, les lettres, l'économie et l'éthique.  Elles comprennent également la philosophie, la politique, les religions par les théologies et dans leurs actes, les mouvements sociaux en bien ou en mal.

Sans lésiner sur la philosophie où l'utopie est considérée comme un rêve.

 Dans la grande multitude des êtres humains, l'utopie est l'horizon que tout être humain rêve de réaliser.On voit qu'aujourd'hui, en période de crise, c'est précisément elle qui rapproche les religions et l'éthique. Les deux éléments sont eux-mêmes sources d'utopies irréalisables, quand  inexorablement, les deux restreignent à certaines occasions les idéaux les plus nobles de l'être humain, à des dogmes étroits.

Nous pouvons voir à côté de cela, l'une des utopies la plus généralisée chez les êtres humains en termes de croyances ou de religions, comme par exemple celle qui exprime une situation d'harmonie entre l'humanité et le cosmos, un vrai rapport à la nature, qui permet une transcendance pour se mettre en relation ensemble avec une notion divine. Proposer des chemins d'espoir qui mènent à l'illumination. Les Dix commandements que nous connaissons au travers des religions monothéistes, tirés de la Bible, énumèrent des devoirs qui fixent des objectifs de vie dans ce monde, et qui édictent que si nous les respectons, la mort sera une sorte de récompense pour rencontrer enfin cette étincelle divine. La soumission et l'acceptation devant  l'inconnu, sont encouragées voire imposées,  pour la sauvegarde de notre âme.

Les promesses pour après la mort, pourvu qu’on accepte l’enfer de sa vie sur terre comme une rédemption, ne convainquent pas tous les croyants ou les non-croyants, du point de vue de l'éternité telle qu’elle s’enseigne. Pourquoi ne pas d’ores et déjà tenter le paradis sur terre ?

Il est en effet préférable de rendre justice ou de réhabiliter les victimes quand elles sont encore vivantes, en rétablissant leur dignité ?

Il y a des croyants religieux qui sont généralement fatalistes (mektoube) et répondent à des slogans résignés tels que ; "Cela devait arriver" ou "C’est écrit". D’autres disent "C’est la volonté de Dieu", et ils ne croient pas en la capacité des êtres humains à influer sur leur avenir par la mise en œuvre de la volonté collective fraternelle. Or l’Homme façonne son avenir par son imaginaire et ses utopies.

Les prêcheurs sacrifient illusions et fantasmes en soumettant leurs fidèles à des situations réelles, imposées le plus souvent féodalement comme immuables,  présentées comme intangibles, fatales : "Les choses sont comme elles sont et ne peuvent pas être autrement"…  Les faits sont têtus, avec une nette tendance à suivre la voie du dogmatisme et de l'orthodoxie qui assèche l’essence humaine qui ne peut plus se réinventer.

Surtout quand tous les comportements ne sont pas exemplaires chez les personnes qui suivent ou pire, enseignent une religion, provoquant parfois des scandales, s'éloignant de  l’illumination recherchée. Leur hypocrisie entre ce qu’ils enseignent et pratiquent parfois en se parjurant,  décourage et insulte les croyants de bonne foi.

Egalement, les religions, la majeure partie du temps, cultivent des visions catastrophiques du présent et ont tendance à regarder plus vers le passé que vers l'avenir. Spécifiant que le passé était bien meilleur, elles sacrifient la sagesse des traditions ancestrales qui ont tiré les leçons des lois de la nature, en la transformant en une norme stérile et artificielle d’une conduite imposée, sans parvenir à lui donner sens puisqu’il n’y a pas par principe, d’avenir glorieux sur terre. Le renouveau n’est pas dans le programme, comme le renouvellement constant qu’interrogent les utopies, pour indiquer les changements nécessaires à une évolution personnelle de son vivant. C’est la suprématie implacable du dogme sur le mécanisme naturel de la transcendance de cette même foi vers un idéal qui, indiquant une noble ligne de conduite, assure plus sûrement la réalisation de son "karma": donner sens et enrichissement intérieur à sa vie en l’accomplissant sagement pour le bien de tous.

 L'éthique offre des principes moraux

 Hors de ces croyances ainsi codées, des idéaux exemplaires de conduite et de valeurs laïques, guident  l'utopie pour un monde plus juste en permettant cette fois une transcendance commune qui renouvelle le réel ; par une entraide fraternelle et solidaire pour coexister durablement et partager un même destin, invitant à la bonne vie et au bonheur. Critiquer l'ordre exclusif établi par la majorité devenue en réalité une extrême minorité élitiste, pour proposer des alternatives de vie inclusive où nous nous situons tous, en sont les mantras. La plupart  de ces utopies affirment l'importance d'avoir une relation interactive entre l'homme et la nature, nature qui fonde le sens de l’existence et son évolution depuis la nuit des temps dans une continuité qui se fonde sur la mémoire des temps anciens et des ancêtres, pour ensuite s’élever vers une même utopie. On peut considérer que c'est le visage amical de l'éthique.

Dans l'ouvrage Radical Éthiques, le philosophe Carlos Paris, fait une présentation remarquable sur ce que la rationalité de l'altruisme qui définit la relation entre soi et l'autre, se référant à Martin Buber. Qui écrivit en 1923, "Moi et Toi ", les deux étant indissociables. Il ne peut y avoir de Toi sans Moi. C'est finalement la base de l'argument de l'altruisme quand alors l'être humain va vers un objectif de dépassement de soi, qui par essence, parce que seulement en voie de réalisation, est une véritable utopie. Cette utopie ne peut être abstraite quand elle se fonde sur la réalité, envisageant tous les contextes et l'émancipation des secteurs les plus vulnérables de la société.

Comme c'est le cas aujourd'hui, alors que nous traversons une crise de société.

 Il convient cependant de noter que toute éthique ne mène pas à l'utopie. Comme par exemple celles qui consacrent l'ordre établi, légitiment les comportements oppressifs, et tentent contre la nature logique des choses - contreproductives en définitives qui plus est, car allant invariablement à l’échec - d'utiliser les êtres humains non pas comme la quintessence essentielle d’un ordre du monde, menant à un aboutissement collectif en perpétuel renouvellement, mais comme d’instruments pour atteindre d'autres fins personnelles, dans l’entre-soi des élites, profitables à quelques-uns contre tous. Or nous sommes, comme l’indiquent les lois de la nature s’agissant de l’éco système,  tous interdépendants.

Par exemple :

L'éthique productiviste, où l'être humain est considéré uni dimensionnellement comme étant un vecteur productif, résumé dans le principe "à la fois par la valeur et la quantité que vous produisez".

L'éthique mercantile, qui réduit tout à la marchandise, y compris l'être humain, qui fait le lien fonctionnel entre  l'achat et la vente dans le seul but d'obtenir des avantages, des intérêts, du profit à d’autres, ce qui est l’expression de la relation mercantile en général dans le capitalisme, en tant que soi-même marchandise par sa valeur travail.

L'éthique individualiste, qui est comme une sorte d'autisme qui néglige la dimension communautaire des êtres humains en refusant de favoriser la solidarité ou la convivialité pour tous, de reconnaitre les principes mutualistes qui codent une société toute entière pour sa durée et son évolution.

L'éthique des seigneurs, qui est aujourd’hui la nouvelle aristocratie en place du néolibéralisme technocratique, vise à légitimer le mode de vie des élites comme un accomplissement absolu, à le justifier sur la base de l'origine sociale ou de prétendus droits historiques comme moyens de préserver leurs privilèges.

L'éthique du capitalisme, qui favorise le profit, le profit, toujours et rien que le profit, l'accumulation faisant de son détenteur un être puissant, un millionnaire, un possédant de la force économique productive, et donc qui contrôle des masses à son propre profit. Mais cela n’a qu’un temps quand l’accumulation a ses limites au même titre que ses ressources.

L'éthique de la raison d'État, qui défend l'ordre comme valeur absolue, recourant à la violence si nécessaire, comme moyen de stabiliser son pouvoir, même lorsqu'elle l’entraine à refuser certains droits aux citoyens, voire à étouffer les droits de l'homme au prétexte de protéger l'État, même s'il faut réprimer.

Dans son œuvre, Carlos Paris consacre des pages anthologiques à la critique philosophique de l'égoïsme, démontrant la rationalité supérieure (et surtout seule pérenne pour l’humanité) de l'altruisme.

La critique philosophique de l'égoïsme  remet en cause dans sa double modalité, l'individu caché ou déguisé dans l'histoire humaine. La notion du terme "collectif" s'est transformée en une norme d'action publique qui n'est rien d'autre que l'expansion des égoïsmes vers l'exaltation d'un  "nous" fermé et hostile à ceux qui ne font pas partie du groupe des élus. En outre, elle réduit l'action et la seule reconnaissance d'une minorité, à un fragment de l'humanité, que ce soit la nation, la race, la religion, la famille... contre tous, contre même  l’ordre immuable de l’univers, contre lequel finalement elle se casse.

Les intérêts compris seulement par le groupe des élus, comme idéal d'organisation sociale pyramidale, se basent sur des différences hiérarchiques qu’il voudrait immuables, soumises à une supposée supériorité morale incontestable.

Cette posture mène à la xénophobie et au génocide. Carlos Paris fait une critique éthique, philosophique, politique et économique très sévère du capitalisme, démontrant son infériorité et ses limites par rapport à un ordre naturel qui le dépasse et qui le met en échec perpétuel.

Il en est ainsi de toutes les sociétés basées sur la division des classes et guidées par l'égoïsme individuel ou collectif.

 Alliances entre religions, éthique et mouvements sociaux en temps de crise

 Aux religions et à l'éthique, il faut ajouter un troisième élément sur le chemin de l'utopie : les mouvements sociaux, qui constituent la médiation nécessaire et inaliénable pour avancer dans la direction d'une société égalitaire, dans une perspective d'interculturalité.

Nous pouvons voir comment le dialogue interreligieux, le féminisme et le respect des différences sont des éléments qui y sont hypocritement incorporés. L'alliance entre les valeurs, l'éthique et les mouvements sociaux, peut contribuer positivement à garder l'espoir vivant, grâce à l'optimisme contenu, même en pleine crise, au sein de ses militants. Elle se travaille surtout en ces temps où pessimisme, désespoir, dépression, apathie, indifférence, passivité et déception s’infiltrent de plus en plus dans les consciences.

Or c'est en temps de crise que les secteurs marginalisés prennent les premiers,  conscience de la négativité voire de l’ineptie de l'histoire sociétale qu’on raconte au plus grand nombre comme une vérité sacrée promettant "des jours heureux". Qui exprime alors son mécontentement face à la réalité. Quand ils manifestent comme maintenant ici et ailleurs face à l’oppression, c'est à ce moment qu'ils radicalisent leur sens critique, formulant des utopies qui mobilisent les énergies émancipatrices de l'humanité.

C'est maintenant qu'il faut plus que jamais mettre en lumière ce qui se niche au plus profond de chaque être humain pour activer sa potentialité. Sans utopies, la vie est comme un voyage qui ne mène nulle part, sans boussole et sans horizon. Alors,  le sort de l’humanité toute entière en est jeté.

L'humanité fait en quelque sorte harakiri si elle ne réagit pas,  et l'Histoire cesse de faire évoluer sa narration collective du destin humain, interdite de progrès, pour devenir un éternel recommencement... vers le pire, comme un disque rayé qui finalement se casse.

En outre, s’agissant de ces progrès technologiques aux effets pervers quand l’Homme n’en ressort pas grandi dans sa conscience de soi ; les ordinateurs et les technologies de communications d’aujourd’hui ne pourront jamais se substituer au véritable contact humain qu’est le dialogue. Lequel est une interaction essentielle propre aux relations directes qui se manifestent dans des réunions ou des manifestations revendicatives et qui font les émancipations vers cette évolution désirée par le plus grand nombre.

L’idéal à notre époque serait de développer l’existence d’un réseau d’individus libres qui ont rompu tout lien avec les attaches et les handicaps traditionnels, imposés à leur imagination.

Pour être réellement libres, toutefois, ces êtres humains doivent être autonomes, disciplinés et ancrés dans la réalité. Ils doivent être capables d’analyses claires sans être influencés par les torrents d’informations qui se déversent sur eux.

Ce sont là les qualités les plus dures à développer dans une société où règne l’idéologie virtuelle d’une politique inégalitaire propagée par la Pensée unique technocratique, offrant si peu de possibilités aux classes les plus démunies.

 Guillermo Saavedra 

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