HERMES

Federación Internacional de Comunicadores Populares

Un 17, Énorme, seulement les journalistes bien rémunère l’on pas vu !!

Par Guillermo Saavedra

Photos de Hernan Saavedra

Le peuple français se réveille, et les journalistes des chaines de télévision  sont complètement endormis… ou maintenant apeurés. La jeunesse est aussi dans la rue, avec tous les corps de travailleurs. Quand vous transmettez ces événements, les dénommées chaines d’information, c’est pour vous mettre en colère contre un « crime en lèse majesté ».

 Vous êtes dans une logique d’Etat absolu. Vous êtes des collabos de « Vichy en Marche », de sinistre mémoire. Servilement pour soutenir « La République en Marche » des élites dont vous êtes, au pouvoir en France, qui lui, sert un système implacable. Quel détournement des votes !!! « Journalistes » payés avec de bons salaires de la connivence, vous vivez dans des quartiers très accommodants, qui n’ont aucune notion de la vie sociale des travailleurs.

Le comble est que, gourous de la désinformation, vous nous intimez la façon dont il convient de penser et de vivre. C’est un ordre, pour vous impératif !

 La « manif » des retraites, telle qu’on l’appelle ici, toute le monde en parle dans les bus, le métro, et aussi dans les cafés. Certains subissent aussi les grèves des transports, de gré. D’autres, de force, qui ne comprennent pas le prix sacré de ce sacrifice pour éviter une longue agonie. Tous les jours je peine à joindre mes rendez-vous, à pied… Quoiqu’il en soit, à Étain dans Boulogne-Billancourt, banlieue Ouest de Paris, le métro fonctionne à moitié et les lignes de bus aussi.  Je ne peux évidemment m’empêcher de participer à ces débats avec aujourd’hui l’envie impérieuse de transcrire tout cela en quelques lignes. Je me précipite dans ces rencontres, aussi pour sentir l’ambiance, humer les signes de changements collectifs. Cela en plus me rajeunit.

Ce 17 décembre est une date compliquée pour les gens qui sont un peu accaparés par les obligations des fêtes de Noël, au bord de cette période qu’on appelle ici « la trêve des confiseurs ». Poésie évocatrice de la langue française.  Mais l’ambiance est festive ici, surtout parce que chacun ressent, parfois descendu dans la rue pour la première fois, que nous vivons un moment sans précédent, exceptionnel, où peu importe nos origines sociales ou culturelles, ou même politiques, nous sommes tous ensemble, le regard sur l’horizon d’un autre possible qui dépasse la question de la retraite. Ici et ailleurs dans le monde, et je suis sur cet ailleurs très proche de ma jeunesse au Chili, je sens globalement pour la première fois, une convergence internationale des luttes. Je sais que ce moment est très spécial. Peut-être historique, justement parce que le monde, notamment du Sud, réclame son émancipation. Enfin nous ne luttons plus, chacun dans nos frontières, misérablement seuls.

 Mais revenons à ce 17 décembre…

 Plus logistiquement en ce qui me concerne, je découvre contre toute attente que les métros et les lignes, comme les dépôts de bus, contrairement à ce que signalait la régie des transports publics parisienne, la RATP, sont les uns fermés et des parcours subitement interrompus… sur ordre de la Préfecture de Paris. Partout ces grilles spéciales, qui sont apparues sous la mandature de François Hollande. Qu’à cela ne tienne, quand même de mauvaises jambes sont en train de s’y rendre, même à genoux s’il le faut, je ne veux pas manquer cela et ai d’abord calé mon estomac avec un bon petit déjeuner. J’arrive au métro, l’esprit déterminé, à 12h30. Caramba, la station est fermée !!! Je marche à la recherche d’une ligne de bus… Par chance j’attrape le 42 qui me laisse en chemin pour saisir le changement pour République. Au fur à mesure que le bus avançait, il s’est converti en « boite à sardines ». Pour descendre aux Champs-Élysées, ce fût très compliqué.

La « plus belle avenue du monde » est occupée par des militaires, des commandos armés jusqu’aux dents avec au dos le mot « Police ». On dirait des « robocops ». On se croirait en état d’exception. Pas contre le terrorisme, qui a précédé un « état d’urgence » qui devait, toujours sous la précédente mandature, n’être que temporaire, a été proclamé contre nous, le peuple, qui à cet égard de la terreur jihadiste, a toujours été digne. Une menace de guerre pèse-t-il sur nos têtes ? Avons-nous un ennemi extérieur ? Poutine ? Cela me rappelle de mauvais souvenirs du « Golpe » au Chili. Je retrouve instantanément mes réflexes d’alors de survie. Il y a une atmosphère diffuse de menace.

Le métro ferme à nouveau devant moi et avec certains passants,  on cherche une solution palliative.

Je marche jusqu’à Pont Royal et miracle, la ligne 1 fonctionne. Le rendez-vous des journalistes était place de la République et entretemps ils vont vers Bastille. Que des noms mythiques. Ce trajet est hautement symbolique. Je n’arrive pas bien à comprendre ce qui se passe, tellement disproportionné avec l’allure paisible de la foule citoyenne !!! Pourquoi y a-t-il tant de militaires surarmés, tous en noir, qui accentuent cette atmosphère de fin du monde – de leur monde de toute évidence acquis à ce gouvernement dit du « Nouveau Monde » - qui cherchent ainsi à fabriquer sciemment un climat de peur ? Ce ne sont pas les uniformes de la police, mais c’est pourtant ce qui est signalé dans le dos de ces fantassins de la terreur. « Star War 9 » est de sortie, je ne plaisante pas, Georges Lucas sort ce nouveau numéro, dont je vois la multiplication de « Dark Vador » autour de nous. Souvent, ces séries ou livres de Science Fiction, sont finalement des anticipations de la réalité. Cette saga célèbre de ma jeunesse qui est ressortie le 18, répond curieusement à une nouvelle conscience collective de la résistance, ici modestement terrienne.

Là, sur cette place de la Bastille, on se demande pourquoi tant de provocations, tant de mépris manifeste envers les travailleurs ou citoyens, tout à coup érigés en ennemis de la nation, ou en délinquants dangereux. Je le ressens profondément comme une insulte envers un peuple que ces technocrates au pouvoir devraient servir, qui est mis dans une situation d’être hostile à son propre pays, à son propre dessein. A-t-il finalement même encore le droit d’y vivre et d’aspirer son air ? On se le demande… Pourquoi pas des missiles nucléaires pendant qu’on y est, tout autour de Paris ? Cela frise le ridicule, mais surtout déclare une peur hystérique du pouvoir et de ses sbires. Situation ubuesque et disproportionnée. Je suis fasciné pourtant de voir le contraste des gens, qu’on m’a toujours empêché de rejoindre avec des papiers de naturalisation, moi le Français de cœur, défiler tranquillement en ignorant superbement ce mur noir qui les encercle. Ils sont arrivés à ce qu’on m’a dit, par vagues  énormes comme une houle colorée sur la place de la République. Incroyable ! Ils chantent et même crient leur bonheur d’être et d’agir ensemble.

J’ai rejoint miraculeusement Nano, qui est un très bon photographe, et on avance dans cette marée humaine. Nous constatons immédiatement que tout a été fait pour empêcher les gens de défiler. Comme dans la pire des périodes sous François Hollande où ont été  inventées ces fameuses nasses qui nous ont enfermés un certain 1er mai, pourtant sacré Jour international des travailleurs. C’est son premier ministre qui a inventé ce système de fermer les rues pour morceler les « manifs ». Nous y fûmes encerclés par les matraques et les canons à eau des services d’ordre, comme dans les cirques romains. Une fois avec une amie, nous avons réussi à nous échapper de justesse par le pont d’Austerlitz : la seule issue qui restait pour quelques minutes. Nous avons retrouvé nos jambes de vingt ans. J’appris qu’un confrère derrière nous, venu innocemment avec sa fille de 8 ans, comme beaucoup de familles, s’y fit matraquer pour avoir voulu relever un vieillard molesté à terre. Ce n’étaient pas les Black Blocs, mais bien une police qui tabassait, qui pourtant se doit de protéger les honnêtes et paisibles citoyens. Alexandre Benalla, plus tard, un autre 1er mai, le sbire d’abord de la sécurité de Macron, y gagna ses galons de milicien maudit. Les gaz « lacrymos » empestaient nos bronches et attaquaient nos yeux. Déjà.

Ce 17 décembre, ayant rejoint nos confrères journalistes, nous sommes tout de suite en position d’observation. Nous regardons les gens passer, occupant le trottoir et la rue : en énorme quantité. Les ouvriers, les cadres, les universitaires, puis les lycées, les hôpitaux, des familles avec leurs enfants, tous en fête pour la démocratie. Ce qui nous a particulièrement réjouis, a été de surprendre tant de jeunesse dans la rue, une vraie nouveauté. Je retrouve les images actuelles de celles du Chili, où celle-ci s’est remise en mouvement après quarante ans d’expérience néolibérale passive, dont elle fût le premier laboratoire. C’est très exactement ce qui se monte ici. Point par point (et pas que de retraite). Cette jeunesse a été la première à bouger, suivie par les femmes.  Ici, il était 14h15 quand sont arrivés les premiers manifestants et seulement vers 17 heures, ont pu arriver mes confrères journalistes, en plein au milieu de la « manif ». Nous avons été un peu pris à parti à cause des propagandes médiatiques. Nous nous sommes expliqués avec les gens, sur tout ce que nous subissons dans notre travail d’informer. Un moment très riche. Pour beaucoup, nous sommes au chômage.

Et je me dis subitement… J’ai connu les « manifs » les plus importantes depuis mon arrivée en France dans les années 70, 80.

C’est après cette période qu’a débuté le conditionnement et les manipulations sur les travailleurs à travers les médias que les milliardaires se sont offerts, achetant des « journalistes » qui aujourd’hui font croire qu’il est possible - « start-up nation » décrétée - de gérer nos vies sans les associations, sans les syndicats et sans les partis politiques, alors que ces deux derniers sont aux prises avec la défiance populaire. Le pire est qu’il y a des gens qui les ont crus, ces propagandistes ou opportunistes qui trahissent chaque jour leur déontologie de l’information juste et vraie, ou la mission qui leur est confiée. Des citoyens regrettent cruellement d’avoir voté pour « Jupiter », quand d’autres votèrent Hitler : ce jeune fou qui prend la France pour une marionnette avec laquelle il invente des scénettes féroces en guise de réformes.

Là, l’opportunisme a pris toutes les commandes en s’appropriant des organisations sociales, partis politique qui ont professionnalisé leurs élus. Mais avec l’expérience de la lutte de ma jeunesse, je sais qu’en réalité, le même système dictatorial sera mis en échec. J’en suis d’autant plus convaincu par l’analyse quotidienne géopolitique que je fais - pour mes supports d’information - des mêmes événements simultanés dans les pays en révolte, notamment de l’hémisphère Sud. Où même dans des états théocratiques implacables, et peu importe les morts voire les tortures revenues - que dire de mon pays de naissance - la soif d’émancipation et de souveraineté des peuples est telle, que dès après la poussée du mouvement des Gilets jaunes, elle s’est réveillée avec la même résistance pacifique au Soudan, en Irak, en Iran, au Liban, en Colombie, en Equateur, en Algérie… qui elle refuse son nouveau président d’opérette. Elle aspire inconsciemment, partout où elle se mobilise, au modèle bolivarien de la préservation de l’intérêt général et du respect de la Terre-Mère que je crois être un bon système social et politique souverain à l’œuvre, protégeant ses ressources, y compris humaines. Qui est dans un pacte de démocratie participative avec le peuple qui lui délègue ses pouvoirs. Il a tenu au Venezuela, au Nicaragua, à Cuba, contre le néolibéralisme étasunien, à nouveau en pleine hystérie hégémonique ; a résisté à tous les embargos, manipulations et contre de supposées oppositions démocratiques, en réalité phalanges fascistes corrompues de l’extérieur comme hélas des syndicats. Les USA avaient inventé cela sous Pinochet. Chagrin pour la Bolivie en plein génocide autochtone, dont aucun média français ne parle, sauf France 24, mais si peu à décharge des pros Maduro. Tout cela, ces insurrections simultanées, ne sont pas arrivées par hasard, incluant aussi les classes moyennes, voire supérieures, voire comme ici, les professions libérales quand l’avenir de tous, figuré par notre jeunesse, est à ce point menacé par un génocide des consciences, de notre dignité, mais aussi de nos vies. Nous sommes des dommages collatéraux de leurs actes, vus comme des chiffres gênants pour ces technocrates qui nous biffent, implacablement, de leurs colonnes : et notre avenir immédiat avec. C’est avant tout maintenant, une lutte pour nos démocraties et notre auto détermination : pour la survie pacifique de l’humanité terrestre et spirituelle.

« On ne lâche rien ». «Qu’ils dégagent tous ». Ces mots d’ordres d’ici circulent maintenant dans le monde. Nous gagnerons.

Guillermo Saavedra

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